Login

Les accidents mortels de salariés agricoles sont en hausse en 2024

Un cinquième des accidents mortels des salariés sont dus aux écrasements par animaux.

Moins de 17 000 salariés de la production agricole ont été victimes d’un accident de travail en 2024. 45 salariés en sont morts. Un chiffre en hausse par rapport aux années précédentes.

Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.

Faut-il plus de prévention sur la sécurité dans le secteur agricole ? Malgré la baisse du nombre total des accidents du travail, le nombre de décès est en hausse parmi les salariés agricoles en 2024. Et les salariés temporaires sont particulièrement soumis à ces risques. Ces données sont issues du bilan annuel de 2024 des accidents du travail et maladies professionnelles des salariés agricoles publiés par la MSA, à la mi-mars.

À partir de sa base de 984 920 salariés (1), la MSA a été informée de 19 207 accidents du travail ou maladie professionnelle. C’est-à-dire que près de 2 % des salariés agricoles en 2024 ont déclaré un accident du travail (87 %), une maladie professionnelle (8 %) ou un accident de trajet (5 %).

Le nombre d’accidents du travail (16 648 en 2024) est en baisse continue depuis 2021 (18 705). Au contraire, les accidents mortels ont augmenté continuellement ces dernières années, passant de 19 décès en 2020, à 24 en 2022, et 35 en 2024. Soit un tous les dix jours. 10 accidents de trajet ont aussi été recensés, portant à 45, le nombre de salariés agricoles décédés dans le cadre du travail en 2024.

Les secteurs les plus concernés par les accidents de travail sont le monde équin et les organismes de remplacement et travaux temporaires, avec des taux de fréquence (2) des accidents du travail respectifs de 71 % et 63 %, devant les élevages de gros animaux 38 %, petits animaux 34 %, les jardiniers et apprentis (30 % chacun), la conchyculture.

Accidents cardio-vasculaires et machines

Sur les 35 accidents mortels, plus d’un tiers est dû aux accidents cardio-vasculaires. Les machines agricoles sont responsables de presque un tiers de ces accidents mortels.  Un cinquième des accidents est dû aux écrasements d’animaux, et un dixième aux chutes de hauteur, un peu plus qu'aux suicides (9 %). En 2024, ce sont les secteurs des cultures et élevages non-spécialistes (12 décès), de la viticulture (10 décès) et des cultures spécialisées (7) qui ont subi le plus lourd tribut.

La majeure partie des accidents de travail ont lieu d’abord au cours d’un déplacement à pied (7,4 % des accidents de travail avec ou sans arrêt), devant les « autres activités » (sans précisions, 5,5 %), la manutention manuelle (4,5 %), l’équitation (3,7 %), la taille et la récolte des fruits/vendanges (3 % chacun).

Sur les 16 648 accidents de travail, 10 % sont considérés comme des « accidents graves non-mortels » (2). Ils se retrouvent encore une fois très majoritairement dans le secteur équin, devant les organismes de remplacement et le travail temporaire, la viticulture et les élevages spécialisés (petits et gros animaux) ; posant la question de la formation et de la connaissance des règles de sécurité dans le cadre d’un remplacement ou d’un emploi court dans le secteur agricole.

(1) Dans les différents secteurs : 43 % en cultures et élevages non-spécialistes, 20 % en viticulture, 15 % en cultures spécialisées, 10 % en élevage de gros animaux, 4 % en équins, 4 % en petits animaux, 3 % conchyculture et jardiniers, gardes forestiers.

(2) Le taux de fréquence est un indicateur qui mesure le nombre d’accidents de travail ayant entraîné un arrêt, rapporté à la quantité d’heures travaillées dans le secteur. Il permet d’estimer la récurrence des accidents pour une période donnée, indépendamment des variations du nombre de salariés ou de la taille de la structure.

A découvrir également

Voir la version complète
Gérer mon consentement